Solidarité européenne : soutien aux femmes et LGBT+ en Pologne

Nous avons commencé une formation au niveau européen : pendant 2 ans nous allons travailler avec des consœurs d’associations d’autodéfense en France, en Allemagne, en Belgique, en Pologne pour approfondir nos propositions d’adaptation des stages à destination des femmes en situation de handicap.

Nous devions démarrer le premier module théorique général en Belgique la semaine du début du confinement. La fermeture des frontières et les mesures de quarantaine en ont décidé autrement, mais les formatrices se sont organisées pour faire un grande partie de la session par vidéo.

Nos collègues de Pologne nous ont partagé des messages pour alerter sur la situation inquiétante que subissent les femmes, et les féministes en Pologne.

Nous partageons un communiqué du collectif ARTYKUŁ 6 concernant les droits sexuels et reproductifs des femmes et notamment des femmes en situation de handicap en Pologne dans le contexte du COVID19 :

09 avril 2020 – Position du Collectif Article 6 contre le projet de loi « STOP Avortement ».

ARTYKUŁ 6, un collectif féministe pour les droits des personnes en situation de handicap basé en Pologne, tient à exprimer fermement son opposition à la proposition de loi « STOP Avortement ».

Nous considérons que le projet « STOP Avortement » comme dangereux pour les femmes en situation de handicap car il aggrave la croyance injuste et cruelle selon laquelle elles ne peuvent pas prendre des décisions concernant leur propre vie et que leur subjectivité peut être ignorée.
Si la loi proposée entre en vigueur, cela va fragiliser considérablement la santé physique et mentale des femmes, et notamment des femmes en situation de handicap. Les études montrent que les femmes qui vivent l’expérience du handicap risquent particulièrement de subir des traitements inégalitaires et des violences (y compris des violences sexuelles), leur accès aux soins et à la santé est particulièrement difficile, et leurs décisions sont souvent ignorées même sur des questions aussi importantes que quand avoir des enfants, ou en avoir ou non.
La Pologne a déjà une loi sur l’avortement des plus restrictives d’Europe, et la protection de la santé et des droits reproductifs des femmes handicapées est minime. Manque d’accès aux soins gynécologiques, pas d’accès à une éducation sexuelle digne de ce nom, manque d’accès à des méthodes efficaces de planification familiale, non prise en compte de la subjectivité et des choix personnels concernant la sexualité – tout cela frappant durement les femmes handicapées, et menant à des traitements inhumains et dégradants, et de nombreuses discriminations. Les femmes en situation de handicap sont également un des groupes sociaux les plus à risque vis à vis des violence, y compris les violences sexuelles, ce qui mène souvent à des situations où elles ne peuvent pas prendre de décisions de manière indépendante concernant leur propre parentalité.
Pour de nombreuses femmes en situation de handicap, le choix de quand et si avoir des enfant ou pas est complexe, difficile et implique une évaluation minutieuse de leur santé et leur situation financière, ainsi que les mesures de soutien institutionnelles disponibles, sous forme entre autres de services d’assistance personnelle et familiale. Souvent on décourage les femmes handicapées d’être parent ; il y a aussi des cas de stérilisation sans le consentement des femmes. Avec certains handicaps, la grossesse peut mener à une détérioration irréversible de la santé ou menacer l’autonomie et même la vie des femmes. En même temps, pour beaucoup de femmes en situation de handicap, la parentalité est un besoin sincère et une belle expérience (le nombre de parents handicapé·e·s est estimé à 345,000). Dans certains cas, des mères en situation de handicap ont besoin d’avoir accès à une variété de services adaptés ou du soutien économique. Et jusqu’à aujourd’hui en Pologne, les femmes handicapées n’ont pas la possibilité de pouvoir adopter, car leur capacité à avoir le rôle de parent est mise en doute.
Face à cette complexité, nous militons avec force pour que les femmes en situation de handicap – ainsi que tou·te·s celleux qui peuvent accoucher – puissent décider pour elles-mêmes si oui ou non avoir des enfants et quand. Seul elles savent ce qui est bon pour elles.
Nous exigeons tout d’abord que cesse le travail sur ce projet de loi et qu’à la place les législateurs se concentrent sur l’organisation de meilleures pratiques de soutien institutionnel quant à ce qui fait obstacle au choix des femmes.
Nous ne sommes pas seules à porter cela. Le 5 septembre 2018, 2 commités des Nations Unies – concernant l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes et pour les droits des personnes en situation de handicap ont abondé sur une position commune selon laquelle « un accès sûr et légal à l’avortement, ainsi qu’à des services dédiés et à l’information sont des aspects basiques de la santé reproductive des femmes ». Dans leurs positions écrites, qui ont été présentées à la Commission sur les personnes handicapées à Genève, nombre d’ONG polonaises et le défenseur des droits ont signalé la nécessité de respecter les droits sexuels et reproductifs des personnes en situation de handicap. De plus, les ONG ont mis en garde contre la menace de renforcer encore davantage la loi polonaise contre l’avortement déjà très restrictive.
Les femmes en situation de handicap ont besoin d’avoir accès à différentes options concernant l’avortement quand elles considèrent que c’est la meilleure solution. Elles devraient avoir un accès complet à l’information concernant leur santé et celle du fœtus, des diagnostiques prénatals compréhensifs et non-validistes, afin de pouvoir choisir librement concernant leur vie.
Nous pensons également que face à la pandémie de COVID 19, relancer des projets qui ont déjà soulevé une large opposition (Grève nationale des Femmes et #BlackProtests il y a 2 ans) est inacceptable, dans la mesure où les citoyen·ne·s n’ont pas la possibilité d’exprimer complètement leur désaccord. En ce temps d’épidémie le gouvernement se doit avant tout de prendre des mesures pour limiter la propagation et les effets [du virus], y compris pour les personnes handicapées, et non pas d’introduire des mesures sur des sujets sociaux qui ne sont pas consensuels.
Partant de là, cette proposition de loi est une violation des droits humains, et de tous les choix et besoins des femmes, dont les femmes en situation de handicap. Au lieu de ça, elle impose une vision limitée de la vie, de la féminité et crée éventuellement de la subordination et de la coercition envers les femmes et les filles en situation de handicap.
Nous exigeons que selon le terme n°9 de la Sejm de la République de Pologne (chambre au Parlement) soit rejeté en première lecture le projet de loi « STOP avortement » project at first.


kolektyw ARTYKUŁ

Le lien vers la page Facebook du collectif : https://www.facebook.com/artykul6

La réalité des personnes LGBTI+ (Lesbiennes, gays, bi, trans, intersex +) est également préoccupante : environ 100 municipalités polonaises ont déclaré leur commune « zones sans LGBT ». Cela représente un tiers de la Pologne affecté par des politiques dont le but est d’exclure les personnes LGBTI+ de la société et de les déclarer « ennemies d’état ».

La Campagne To Poland with Love invite à se mobiliser et que toutes les villes (en France et ailleurs) jumelées avec des villes polonaises se positionnent en faveur des droits de LGBTI+

Marche des fiertés de Vasovie le 8 juin 2019 – Image: Czarek Sokolowski/AP

En ce mois de juin, célèbrons nos fiertés LGBTI+ et soyons solidaires !

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